Dimanche 10 Juin 2001.



PETIT RETOUR EN ARRIÈRE... LE 19 AVRIL 2000 : UN CHARMANT 'REMAKE' - UN VOYAGE INOUBLIABLE...


Comme une envie de revenir en arrière... le coeur qui s'amollit - :) - à la pensée de ce merveilleux séjour à Bordeaux (non pas la prison de Montréal... la ville française, sur l'estuaire de la Gironde... pas bien loin des longues plages de sable fin... l'Océan Atlantique... le Bassin d'Arcachon... un peu plus bas... l'Espagne !...) Vous ne connaissez pas ?
Mais quelle erreur mon Dieu !!!

Pour ceux qui n'ont pas suivi mon périple de l'an 2000, en voici un délicieux (pour mon petit "MOI PARTICULIER"... et en particulier...) petit rappel que je m'efforcerai de vous conter avec cette pudeur qui vous charme je le sais... non ne protestez pas !

Ce qu'il y a, c'est que l'on juge tellement mieux avec du recul... ce que j'avais si mal vécu revoit le jour - en cette nuit - dans un halo quasimment subliminal.

Même si, au départ, il faisait froid, même si le ciel était menaçant !... même si même si... et puis enfin quand bien même ce serait trop, tel est mon bon plaisir. Bref, tout de même, allons-y donc de ce petit caprice couleur printemps...

 

En cette nuit boudeuse, mon ange fixait le vide, d'un oeil éteint - ou froid... - allez savoir...
Mais je les ressentais de tout mon être ces larmes enfouies dans sa gorge douloureuse...
(je me répète je vous le concède bien volontiers... Mais ceci fait partie de ces détails apparemment sans importance et qui vous touchent au plus profond, vous remuent, vous abattent et vous font vaciller, vous écrouler.
Et enfin, s'écrouler là devant tant de monde n'aurait-il pas laissé en moi des traces indélébiles, me vouant peut-être à l'échec pour la vie entière ? - revoir vos livres de psychologie... il en faut si peu pour que l'on ne s'en remette jamais... c'est pathétique.)

 

Et je songeais, l'oeil humide, à mon petit compagnon à quatre pattes blotti en rond derrière la porte, n'espérant que le cliquetis de ma clé...
Radotage encore direz-vous ? Eh bien oui... je ne déteste pas imaginer l'émotion passant le seuil des chaumières solitaires des vertes campagnes lointaines, isolées et pleines de rires d'enfants nombreux et joyeux (mais ne nous égarons pas... surtout que les chemins inconnus sont traitres au citadin candide et inconscient.)
À la seule idée de tout ce monde qui palpite, s'attriste, je m'émeus, ma paupière s'humidifie...
Justement, je ne voudrais pas vous causer la peine la plus infime...
Ah voyez-vous... du coup, j'en fais des rimes...
Doux miracle des âmes délicates - et je frime -
Bien oui ça rime ici aussi...
Ah... sapristi...



Dans l'avion, je rêvais à ce premier amour que j'allais retrouver, après si longtemps !
Ah bonheur indicible qui m'attendait, me réclamait !
Dji ! De la même façon, je l'imaginais fiévreux, impatient...
Que le temps est long parfois quand on lui court après !

Il m'attendait... Et mes bagages tardaient.
Immédiatement, je l'avais reconnu...
Un vrai gars du midi, l'oeil étincelant, le geste qui parle...
Deux bises qui claquent fort sur la joue et on partait, main dans la main !
Dune, mon copain, chien de Dji, un animal magnifique était sans doute aucun le plus joyeux de tous !

Dieu que j'avais donc envie de dormir. Décalage horaire et je ne dors pas en avion... jamais !
Mais que faire ? Dji voulait me gâter sans tarder.
Et le champagne coulait à flot !
Obnubilée pour commencer, je jubilai puis nébulai, m'embuai et m'évaporai telle une bulle...
Les heures passaient au gré du temps, sans que j'ai eu l'occasion d'y prendre garde... j'étais partie...
Juste un séjour d'une durée indéterminée dans un univers inconnu que je ne saurais vous décrire, ma mémoire me faisant défaut...
Je ne me réveillai que le soir. Dji m'emmena souper dans un petit restaurant.
J'y choisis des huitres. Je m'en serais régalée s'il ne m'avait fait remarquer que je ne savais pas m'y prendre avec ces pauvres petits mollusques.
L'échine courbée, la larme à l'oeil - je ne saurai jamais pourquoi... - je m'efforçais de décoller ces vilaines petites bibittes de leurs coquilles. Je ne savais plus, je n'avais plus le courage, et Dji s'énervait... Ce qui n'arrangeait rien. Je pleurai de plus belle...
Pour quelle raison ? Ne m'en demandez pas trop... je pense que, à partir de cette soirée de libations, à compter de ce long débat avec mes crustacés, je n'ai pratiquement plus arrêté de sangloter. Pour un "oui" pour un "non" pour un "aie" ou encore un "peut-être", pour la paix ou pour la guerre, dans la joie et dans la tristesse... bref tout le temps !... Une vraie fontaine vous dis-je. Pire que ça, un torrent.
Nous rentrâmes à la maison. La porte de Véronique était fermée - bien voyons... - et elle avait accroché un mot de bienvenue. J'en étais si attendrie que j'ai recommencé à pleurer.
C'était à mourir de rire comme vous devez le constater...

Ce n'est qu'au matin que je pus enfin faire la connaissance de l'amie de Dji... Véronique vit chez lui depuis de longues années. Nos relations épistolaires n'avaient pas réellement débuté dans la joie et le rire... mais quoi... il faut apprendre à se connaître.
En tout les cas, j'offrais, je souriais, je parlais...
Je n'insistais pas tout de même, la discrétion c'est important.
Pauvre petite, elle était chez elle après tout n'est-ce-pas.
Alors, je lui ai offert un cd-rom, espérant gentiment qu'elle y trouverait quelque chose d'intéressant.
Elle a trouvé la gentille Véronique.
Ça aussi ça m'a fait pleurer.
Mais beaucoup plus tard.
Ces pleurs tout de même... sans doute une allergie.
Enfin, à part quelques divergences d'opinions, une fille remarquable Véronique.
Elle manie la console à merveille, et en revenant du travail, se débat dans des courses fracassantes.
Et elle vous trouve toutes les sociétés imaginables en un claquement de doigt.
Une fée vous dis-je.
Moi, j'étais gênée, imaginez, je ne savais pas taper sur le clavier de l'ordinateur de Dji.
Vous savez bien ? Le clavier français est totalement différent.
Tout de même, j'aurais pu être plus attentionnée.
Automatiquement, je me faisais traiter d'idiote et je recommençais à pleurer...
Pas possible ça, ça défoule de pleurer, mais tout de même d'où sortaient toutes ces larmes ?


Invitée, bichonnée, cajolée, comment aurais-je pu me plaindre ?
Dji m'a servie, invitée, s'inquiétant perpétuellement. Un amour n'est-ce-pas !
Jamais femme ne fut aussi gâtée !

Paroles... paroles... n'oubliez pas... midi de la France...
J'étais choyée... j'aime le miel et les piments forts... j'avais les deux !
Alors pourquoi pleurer me demanderez-vous fort à propos ???
Je me tâte, y réfléchis, ferme les yeux, mais rien... rien ne m'aide...
Pas de corvée d'oignon, pas de conjonctivite... alors ?
Oscillant entre l'appartement et l'ascenceur, je dansais une étrange valse-hésitation...
Et, chaque fois que le ton montait, ne cherchons pas à savoir pourquoi, la porte fermée de Véronique s'ouvrait avec une surprenante obstination.
Sans doute encore une histoire de courant d'air.
Une seule fois, elle est restée fermée et elle avait mis son petit écriteau sur la porte "don't disturb"...
Sans doute qu'elle manie l'anglais lorsqu'elle est fâchée.
D'ailleurs tous les français utilisent tout un tas d'expressions anglaises du style "sorry", "send moi un mail" (là ça paraît très mélangé), "see you soon" "see you autre chose" etc...
Enfin, ça c'est une tout autre histoire.

Arcachon et ses plages dorées... enfin le temps n'était pas à son meilleur, et la pollution fait son oeuvre... mais j'enjolive un peu, c'est trop mignon non ?
Toute la côte jusqu'à l'Océan.
Puis les souvenirs...
Voilà un hic... je me souvenais tout le temps...
On avait pourtant dit qu'on se souviendrait...
Mais j'avais dû mal comprendre.
Je regardais ses photos en souriant gentiment.
Je l'écoutais volontiers.
Miel...
Je parlais de ma vie...
Piment fort...
Silence... mot de la fin...
Mais si je me raconte alors... maux de la fin...


Les piments forts ont fini par attirer les piments forts...

Résumé : petits mots doux si doux si doux, main dans la main, rugissements si forts si forts...

Partir... partir...
J'avais si fort désiré venir...
Je ne pensais plus qu'à partir... vite !

Avant de quitter la France, Pascal, mon bébé !
Du miel tout pur.
Trois journées si douces, si paisibles.
Avec lui, Loïc, Charlotte et Nanou.

À l'aéroport, 10 jours après mon arrivée, Dji était là.
Par politesse sans doute.
J'ai caressé Dune, tendre Dune.
Ami-Ami...
Bien voyons...
Promesse ?

Ouaip... paroles s'envolent...
Il n'en restera rien.

Juste l'écho d'une voix dure au téléphone.
Et les écrits de Véronique...
Les deux ont fait renaître mon allergie...






C'était un clin d'oeil, souriant.
J'avais le goût de réécrire, à ma manière, un passage de ma vie.

J'ai dit qu'il n'en resterait rien. J'avais tort.
Et ce reste là m'a profondément peinée.
À jamais.
Mais ce reste là, je l'ai relégué dans un coin perdu dont j'ai oublié l'adresse.

Et, finalement, avec le temps... avec le temps,va, tout va bien.

Comme je le confiais récemment à ce journal, rien ni personne désormais ne m'atteindra.
Je me sens forte.
Blindée conviendrait mieux.

Rien ne plait plus aux autres que les personnes vulnérables.
Je ne serai jamais plus aussi spontanée que je l'ai été.
Jamais plus, je ne me découvrirai avec autant de naïveté !

Tout tourne, vire, chavire, inconsistant et inconstant, au gré du vent.
Et comme je l'ai écrit auparavant, perpétuellement tout ment.

Ce qui effraie, c'est cette manie cruelle et facile que l'on a à s'entre-juger.

"À juger les autres, on perd son temps... on se trompe le plus souvent...
s'examiner et se juger soi-même est toujours une chose fructueuse..."
(Thomas Hemerken).

Bises de

Votre ennuyeuse et rarissime Mellia....







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