Pour ceux qui n'ont pas suivi mon périple de l'an 2000, en voici un délicieux (pour mon petit "MOI
PARTICULIER"... et en particulier...) petit rappel que je m'efforcerai de vous conter avec
cette pudeur qui vous charme je le sais... non ne protestez pas !
Ce qu'il y a, c'est que l'on juge tellement mieux avec du recul... ce que j'avais si mal
vécu revoit le jour - en cette nuit - dans
un halo quasimment subliminal.
Même si, au départ, il faisait froid, même si le ciel était menaçant !... même si même si... et puis
enfin quand bien même ce serait trop, tel est mon bon plaisir. Bref, tout de même, allons-y donc
de ce petit caprice couleur printemps...
Dans l'avion, je rêvais à ce premier amour que j'allais retrouver, après si longtemps !
Il m'attendait... Et mes bagages tardaient.
Dieu que j'avais donc envie de dormir. Décalage horaire et je ne dors pas en avion... jamais !
Ce n'est qu'au matin que je pus enfin faire la connaissance de l'amie de Dji... Véronique vit chez
lui depuis de longues années. Nos relations épistolaires n'avaient pas réellement débuté dans la joie
et le rire... mais quoi... il faut apprendre à se connaître.
Invitée, bichonnée, cajolée, comment aurais-je pu me plaindre ?
Paroles... paroles... n'oubliez pas... midi de la France...
Arcachon et ses plages dorées... enfin le temps n'était pas à son meilleur, et la pollution
fait son oeuvre... mais j'enjolive un peu, c'est trop mignon non ?
Les piments forts ont fini par attirer les piments forts...
Résumé : petits mots doux si doux si doux, main dans la main, rugissements si forts si forts...
Partir... partir...
Avant de quitter la France, Pascal, mon bébé !
À l'aéroport, 10 jours après mon arrivée, Dji était là.
Ouaip... paroles s'envolent...
Juste l'écho d'une voix dure au téléphone.
J'ai dit qu'il n'en resterait rien. J'avais tort.
Et, finalement, avec le temps... avec le temps,va, tout va bien.
Comme je le confiais récemment à ce journal, rien ni personne désormais
ne m'atteindra.
Rien ne plait plus aux autres que les personnes vulnérables.
Tout tourne, vire, chavire, inconsistant et inconstant, au gré du vent.
Ce qui effraie, c'est cette manie cruelle et facile que l'on a à s'entre-juger.
"À juger les autres, on perd son temps... on se trompe le plus souvent...
Bises de
Votre ennuyeuse et rarissime Mellia....
Mais je les ressentais de tout mon être ces larmes enfouies dans sa gorge douloureuse...
(je me répète je vous le concède bien volontiers...
Mais ceci fait partie de ces détails apparemment sans importance et qui vous touchent
au plus profond, vous remuent, vous abattent et vous font vaciller, vous écrouler.
Et enfin, s'écrouler là devant tant de monde n'aurait-il pas laissé en moi des traces indélébiles,
me vouant peut-être à l'échec pour la vie entière ?
- revoir vos livres de psychologie... il en faut si peu pour que l'on ne s'en remette jamais... c'est pathétique.)
Radotage encore direz-vous ? Eh bien oui... je ne déteste pas
imaginer l'émotion passant le seuil des chaumières solitaires des vertes campagnes
lointaines, isolées et pleines de rires d'enfants nombreux et joyeux (mais ne nous
égarons pas... surtout que les chemins inconnus sont traitres au citadin candide et inconscient.)
À la seule idée de tout ce monde qui palpite, s'attriste, je m'émeus, ma paupière s'humidifie...
Justement, je ne voudrais pas vous causer la peine la plus infime...
Ah voyez-vous... du coup, j'en fais des rimes...
Doux miracle des âmes délicates - et je frime -
Bien oui ça rime ici aussi...
Ah... sapristi...
Ah bonheur indicible qui m'attendait, me réclamait !
Dji ! De la même façon, je l'imaginais fiévreux, impatient...
Que le temps est long parfois quand on lui court après !
Immédiatement, je l'avais reconnu...
Un vrai gars du midi, l'oeil étincelant, le geste qui parle...
Deux bises qui claquent fort sur la joue et on partait, main dans la main !
Dune, mon copain, chien de Dji, un animal magnifique était sans doute aucun le plus joyeux de tous !
Mais que faire ? Dji voulait me gâter sans tarder.
Et le champagne coulait à flot !
Obnubilée pour commencer, je jubilai puis nébulai, m'embuai et m'évaporai telle une bulle...
Les heures passaient au gré du temps, sans que j'ai eu l'occasion d'y prendre garde... j'étais partie...
Juste un séjour d'une durée indéterminée dans un univers inconnu que je ne saurais vous décrire,
ma mémoire me faisant défaut...
Je ne me réveillai que le soir. Dji m'emmena souper dans un petit restaurant.
J'y choisis des huitres. Je m'en serais régalée s'il ne m'avait fait remarquer que je ne savais
pas m'y prendre avec ces pauvres petits mollusques.
L'échine courbée, la larme à l'oeil - je ne saurai jamais pourquoi... - je m'efforçais de décoller
ces vilaines petites bibittes de leurs coquilles. Je ne savais plus, je n'avais plus le courage, et
Dji s'énervait... Ce qui n'arrangeait rien. Je pleurai de plus belle...
Pour quelle raison ? Ne m'en demandez pas trop... je pense que, à partir de cette soirée de
libations, à compter de ce long débat avec mes crustacés, je n'ai pratiquement plus arrêté de
sangloter. Pour un "oui" pour un "non" pour un "aie" ou encore un "peut-être", pour la paix ou
pour la guerre, dans la joie et dans la tristesse... bref tout le temps !... Une vraie fontaine
vous dis-je. Pire que ça, un torrent.
Nous rentrâmes à la maison. La porte de Véronique était fermée - bien voyons... - et elle avait
accroché un mot de bienvenue. J'en étais si attendrie que j'ai recommencé à pleurer.
C'était à mourir de rire comme vous devez le constater...
En tout les cas, j'offrais, je souriais, je parlais...
Je n'insistais pas tout de même, la discrétion c'est important.
Pauvre petite, elle était chez elle après tout n'est-ce-pas.
Alors, je lui ai offert un cd-rom, espérant gentiment qu'elle y trouverait quelque chose d'intéressant.
Elle a trouvé la gentille Véronique.
Ça aussi ça m'a fait pleurer.
Mais beaucoup plus tard.
Ces pleurs tout de même... sans doute une allergie.
Enfin, à part quelques divergences d'opinions, une fille remarquable Véronique.
Elle manie la console à merveille, et en revenant du travail,
se débat dans des courses fracassantes.
Et elle vous trouve toutes les sociétés imaginables en un claquement de doigt.
Une fée vous dis-je.
Moi, j'étais gênée, imaginez, je ne savais pas taper sur le clavier de l'ordinateur de Dji.
Vous savez bien ? Le clavier français est totalement différent.
Tout de même, j'aurais pu être plus attentionnée.
Automatiquement, je me faisais traiter d'idiote et je recommençais à pleurer...
Pas possible ça, ça défoule de pleurer, mais tout de même d'où sortaient toutes ces larmes ?
Dji m'a servie, invitée, s'inquiétant perpétuellement. Un amour n'est-ce-pas !
Jamais femme ne fut aussi gâtée !
J'étais choyée... j'aime le miel et les piments forts... j'avais les deux !
Alors pourquoi pleurer me demanderez-vous fort à propos ???
Je me tâte, y réfléchis, ferme les yeux, mais rien... rien ne m'aide...
Pas de corvée d'oignon, pas de conjonctivite... alors ?
Oscillant entre l'appartement et l'ascenceur, je dansais une étrange valse-hésitation...
Et, chaque fois que le ton montait, ne cherchons pas à savoir pourquoi, la porte fermée de
Véronique s'ouvrait avec une surprenante obstination.
Sans doute encore une histoire de courant d'air.
Une seule fois, elle est restée fermée et elle avait mis son petit écriteau sur la porte "don't disturb"...
Sans doute qu'elle manie l'anglais lorsqu'elle est fâchée.
D'ailleurs tous les français utilisent tout un tas d'expressions anglaises du
style "sorry", "send moi un mail" (là ça paraît très mélangé),
"see you soon" "see you autre chose" etc...
Enfin, ça c'est une tout autre histoire.
Toute la côte jusqu'à l'Océan.
Puis les souvenirs...
Voilà un hic... je me souvenais tout le temps...
On avait pourtant dit qu'on se souviendrait...
Mais j'avais dû mal comprendre.
Je regardais ses photos en souriant gentiment.
Je l'écoutais volontiers.
Miel...
Je parlais de ma vie...
Piment fort...
Silence... mot de la fin...
Mais si je me raconte alors... maux de la fin...
J'avais si fort désiré venir...
Je ne pensais plus qu'à partir... vite !
Du miel tout pur.
Trois journées si douces, si paisibles.
Avec lui, Loïc, Charlotte et Nanou.
Par politesse sans doute.
J'ai caressé Dune, tendre Dune.
Ami-Ami...
Bien voyons...
Promesse ?
Il n'en restera rien.
Et les écrits de Véronique...
Les deux ont fait renaître mon allergie...
J'avais le goût de réécrire, à ma manière, un passage de ma vie.
Et ce reste là m'a profondément peinée.
À jamais.
Mais ce reste là, je l'ai relégué dans un coin perdu dont j'ai oublié l'adresse.
Je me sens forte.
Blindée conviendrait mieux.
Je ne serai jamais plus aussi spontanée que je l'ai été.
Jamais plus, je ne me découvrirai avec autant de naïveté !
Et comme je l'ai écrit auparavant, perpétuellement tout ment.
s'examiner et se juger soi-même est toujours une chose fructueuse..."
(Thomas Hemerken).
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