Lundi 3 Février 2003.
Contrairement à la dernière fois, il fait chaud et j'ai le coeur froid...
Allons allons... pas de conclusion hâtive !!!...
Certains ont bien connu la brûlante et dynamique Mellia...
Tout a si bien changé... et quand je dis bien, c'est mi-vrai... mi-faux !
Je ressens un besoin presque insoutenable d'écrire sans que la gêne ne retienne mes mots... Pourtant, si j'aime me confier ici, je suis incapable
de franchir certaines limites à cause d'une retenue bien trop présente...
peut-être aurais-je dû écrire à la troisième personne, parler de mon bien trop important petit "moi" - tellement si
important... - comme s'il s'agissait d'un personnage de roman ?
Je suis cette passante rieuse, révoltée, râleuse, charmante... une ombre, une inconnue, finalement si peu de chose.
Avant-hier, la navette américaine Colombia s'est désintégrée dans l'espace... Bien sûr, j'ai eu une pensée pour les familles, mais pas plus
qu'il ne le faut. Il y a tellement pire, sauf qu'on n'en parle pas, ou si peu, ou encore si mal.
Je suis dure, égoïste ? Oui sans doute.
Pour l'instant, je suis ici. La preuve en est faite... :)
Demain sera ou ne sera pas, on verra bien, ou peut-être ne verrai-je rien ? Qu'importe ?
Un peu plus tôt, devant un chokachino, paresseuse, les yeux fermés, je réfléchissais. J'étais sortie seule, j'éprouve quelquefois ce besoin de m'éloigner
de mon entourage, de mon Ange... Les bruits s'étaient assoupis en même temps que je me réfugiais dans
ce petit univers particulier que j'ai construit, où je m'abrite et où j'arrive à oublier absolument tout ce qui m'entoure.
Le seul être en qui je crois est bien entendu mon Ange.
Que nous soyons proches ou très éloignés l'un de l'autre, ce qui nous unit est indestructible et c'est bien
la seule chose au monde dont je ne doute jamais.
Nouvelle brisure après ce regretté séjour en France.
Comme d'habitude, je me suis défendue avec mes émotions, et c'est une bien mauvaise méthode pour gagner.
Satanées émotions, elles m'ont joué de bien mauvais tours.
Mais il n'était vraiment pas question de ne pas avoir le dernier mot... je suis impulsive, à la limite coléreuse, jamais
méchante... Pourtant, tout s'est terminé par un "Adieu". Sur le moment, j'ai ressenti un sentiment de mieux-être, de délivrance.
Oui, sur le moment, mais sur cette banquette, dans mon bunker personnel, j'ai eu mal avant de décider de ne plus accepter
d'avoir mal, jamais plus.
Perpétuellement, à chaque instant, sans qu'on m'accorde un peu de répit, tout s'écroule, s'en va, s'efface, tout est douleur.
Je me tairai, j'oublierai ceux à qui je continuais lamentablement à m'accrocher. "Mais cesse donc de t'accrocher !" m'a dit Stéphanie,
toujours agacée par mes emportements sentimentaux... Oh oui, je ne veux plus, je me le défends de toutes mes forces,
il n'en est plus question. Je tourne le dos à mon moi profond, j'écrase sans pitié cet excès de sensibilité et je supprime sans regret
tous ceux qui n'ont rien compris. Après les avoir piétinés dans mes colères, je les méprise, je les néantise. Bientôt, il n'en restera
qu'un ridicule tas de cendre incongru et inintéressant.
J'ai donné sans compter, désormais, je ne suis plus là pour eux.
J'ai rouvert les yeux sur la grande salle pleine, et la lumière m'a transpercée, cruelle violente, je me sentais mieux, plus forte, en fait
je souhaite être devenue indestructible, on ne manipulera plus jamais mes sentiments...
Qui sait ? Peut-être ai-je plus d'amis ici ? Dans ce monde virtuel ? Pourquoi pas après tout ???
Il est tard, je suis un peu lasse... Je vous souhaite une douce semaine...
Ne me prenez pas trop au sérieux, je vous en prie !
Votre Mellia.
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