Fleur de papier



Si menue, délicate, elle se fond dans la nuit,
Silhouette de l'ombre, on l'aperçoit à peine,
Elle a le pas muet, les yeux dans ses ailleurs,
Où règnent ses secrets, ses richesses, son monde.
Si vous la rencontrez, la frôlant au passage,
Que vous ayez la chance de croiser son regard,
Surtout faites silence, vous pourriez l'effrayer ;
Offrez-lui un sourire, un vrai qui vient du coeur.
Si peu, vous direz-vous, à peine une seconde,
Éphémère lueur, petit rayon de lune...
Pourtant, cette étincelle, aussi légère fut-elle,
Ce soir, à petits gestes, précis et mesurés,
Elle la rangera auprès de ces trésors,
Qu'elle a accumulés au fil du temps qui passe,
Qu'elle caresse le soir du bout de ses yeux tendres.
Et quand viendra pour elle l'heure de s'en aller,
Elle sera grâce à vous un peu plus riche encore.
Et puis, peut-être, un jour, que vous serez soucieux,
Si un parfum très doux vient soulager votre âme,
Ce sera peut-être elle, qui pour vous remercier,
Vous aura fait l'offrande, vous effleurant à peine,
D'une fleur de papier, au parfum désuet
Une fleur parsemée de perles de rosée.




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