Le guerrier

 

Quand, de tes doigts experts, tu joues avec ma chair,
Quand ta main insolente fait gémir ma pudeur,
Tu as le rire cruel et le geste vainqueur...
De ma vie tu es maître, insensible et pervers.

Ce guerrier sans pitié, je l'aime sans pouvoir,
Sans vouloir, sans savoir, je l'aime sans espoir...
Et mon corps n'est plus mien, il n'appartient qu'à lui,
Jusqu'à ce qu'il s'en lasse, un jour couleur de nuit.

Jusqu'à ce qu'il m'enlace une dernière fois,
Avant de se tourner, impitoyable et froid,
Vers l'ombre qui vascille et se raccroche en vain,
Mais qui, déjà, conquise, comblera son dessein.

Je te hais et je t'aime, j'en meurs et tu en vis,
Tu m'emmènes en enfer, j'y suis au paradis...
Damne-moi à jamais, qu'importent mes après,
Tes bras sont ma patrie, c'est là que je mourrai.





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