L'aube à peine rosée dépose son reflet au creux de l'édredon dodu,
Puis agace la joue du guerrier au repos ; de cet homme aux yeux gris.
"Lui" ignore la caresse mais dans son regard tendre danse une flamme émue
Où palpite l'écho précieux des souvenirs enfuis...
Le froissement discret d'une jupette au parfum fraîs,
Un visage si gai qu'il tuait les jours gris
Et dessinait d'un trait sur les lèvres un peu tristes des sourires oubliés...
C'était avant, c'était la vie.
L'aube s'ennuie un peu, se fait indélicate, effleure la paupière,
Et l'oeil gris s'adoucit, chavire un peu, s'éclaire,
Au fond d'un cercle rose, valse une silhouette,
Puis elle fait une pause, reste comme en attente, menue, délicate, fragile...
Dans le hâlo du petit jour, il a enfin atteint son île,
Dans ce pays du bout du ciel, là où l'horizon tremble un peu.
L'aurore cligne de l'oeil et lui fait ses adieux...
C'était avant je ne sais quand...
Qu'importe il n'y a plus de temps.
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