Lundi 12 Juillet 2004.



Il est passé le mois de Mai... puis, comme il se doit, il est venu le mois de Juin, capricieux, tiraillé entre les matins frais et des journées entières de grosses chaleurs, préludes à l'été !

Oui j'ai pris tout mon temps, immergée comme chacun, dans les joies, les peines, les valses mélancoliques et les gigues échevelées !

Sans qu'on l'attende si vite, l'été s'est installé, humide comme toujours. Mais enfin, ne l'a-t-on pas rêvé toute l'année ici surtout ?

Mes réveils sont aveuglants, les stores ne suffisent pas à atténuer la lumière cruelle et intense des matins fatigués et je titube un peu plus en tâchant de mettre un peu d'ordre dans ma tête brumeuse, échevelée, toute pleine encore de rêves incolores, insolites, ou encore bigarrés...

Montréal n'est jamais plus vivante qu'en ce moment. Perpétuellement en fête. Deux soirs par semaine, les feux d'artifice réveillent en sursaut le ciel paisible. Puis le final nous offre en guise de souvenir de gros nuages pâles dérangeant un peu les étoiles et parfois la lune.

L'Ange travaille dur et réussit régulièrement et avec brio chacun de ses examens. J'en suis toute fière !

Mais toujours égoïste, moi, je danse encore... :) comme avant, comme toujours et je l'espère comme demain !

Souvent, je me permets de m'offrir ce que j'aime, sans en laisser une once à quique ce soit... ce sont des plaisirs tout simples. C'est un chocaccino... ou encore un petit repas (le seul et le meilleur de la journée :))... Douces solitudes, rêveries stériles mais tellement si craquantes ! Les yeux ouverts, les yeux fermés... En un claquement de doigts, ma vie se pare de toutes les teintes les plus délicieuses qui soient.

Finalement, il faut bien reconnaître que la Mellia d'avant n'existe plus. J'aimais si bien le "vent", j'aimais ces amitiés qui se forment trop vite pour avoir un quelconque rapport avec la réalité.
J'avoue que j'ai failli m'y laisser prendre encore, mais, prudente, j'ai rapidement coupé court aux compliment préfabriqués et aux serments sans fondement. Et c'est avec bonheur que je suis retournée à "moi toute seule"... (l'Ange fait naturellement toujours et continuellement partie de mes "MOI", est-il bien utile de le préciser ?)

Quant à l'amour, j'en étais si loin. Un seul mot creux et j'y croyais... tout cela me paraît si loin !

Le soir quand le temps me laisse le temps, je lis un peu, trop peu, tellement moins qu'avant... ou encore je regarde pour la millième fois l'un de mes films préférés... l'Ange se demande comment j'y trouve tant de plaisir. Je me le demande aussi, il faut croire que, à chaque fois, j'y rajoute un piment qui en fait une histoire nouvelle et encore plus attachante !

La solitude ne me pèse jamais. D'ailleurs je la recherche et c'est une fausse solitude. Mes anges sont près de moi à tous les instants. Mon Ange est là - même s'il est ailleurs - les autres sont invisibles mais je les sens si proches de moi que je pourrais les embrasser... mais oui !!!

Et puis il y a mon nouveau compagnon à quatre pattes, il a pour nom Jingles. Noël n'est pour rien dans le choix de ce nom. Je l'ai choisi à cause d'une histoire tout aussi jolie et tout aussi magique ! Jingles a sept mois à présent et c'est un amour de petit chien. Je n'oublierai jamais mon petit Filou, mais Jingles m'a beaucoup aidée à ne plus pleurer sur mon petit compagnon disparu.
Jingles est blanc-blond, c'est un bichon sans doute croisé avec un yorkshire. Il est joyeux, vif et terriblement attachant. Il est si minuscule qu'il ressemble à un jouet. Léger et souple comme un chat, il grimpe sur la bibliothèque à côté du bureau, et lorsque je travaille sur l'ordinateur, il est capable de rester là de longues heures, sommeillant ou encore m'observant de son regard lumineux. De plaisir, il en ronronnerait presque...

Le soir, pendant que l'Ange regarde les dernières nouvelles, je danse dans mon coin secret. Souvent, je prends mon petit Jingles par ses deux pattes de devant comme je le faisais avec Filou.
Mon petit bout de chien ne s'en affole plus. Et puis pour lui, c'est une valse lente. Au bout d'un moment, je me baisse, je le prends et je le serre fort contre moi. Il pose son museau dans le creux de mon cou et rien ne peut être plus doux ! :) Voilà les petits bonheurs qui donnent à la vie le ton du bonheur !

Restent les nuits... Le bonhomme Yver, vous le savez bien, ne baisse jamais les bras. Sous cette chaleur écrasante, il reste de glace... Je suppose que j'ai inventé pour lui les plus affreuses grimaces, les regards les plus mordants et les mots les plus déprimants...
Rien n'y fait, il est toujours là. Et, comme j'avais parfois réussi à l'effrayer, il se fait accompagner de la Dame Blanche.
Attention, ne croisez jamais la Dame Blanche, elle vous jouera son numéro et vous persuadera qu'elle est un ange... Sous ses allures de bonne dame patronnesse, elle cache une âme impitoyable et des desseins inavoués.
La dernière fois, après que le bonhomme Yver m'ait transformée en statue, la Dame Blanche a saisi mon coeur et l'a tordu si fort que j'ai cru qu'elle m'avait tuée. J'ai laissé couler des larmes si chaudes que le bonhomme Yver en est resté surpris et m'a libérée malgré lui.
Alors mes pieds en ont profité et la Dame Blanche a été catapultée sur le balcon, a presque démolli la balustrade en essayant de freiner... alors j'ai écouté sa longue chute. Ses vilains bras en battant l'air méchamment faisaient un bruit strident. Elle a poussé un cri affreux et mon coeur s'en est amolli de plaisir... puis un gros rire m'a réveillée... ce vilain rire sans grâce était le mien... L'Ange en a sursauté... mais quoi... l'habitude. Nous nous sommes retrouvés enlacés et riant ensemble sans trop savoir pourquoi ! :) Encore deux minutes de bonheur à rajouter à toutes les autres !

Il y avait longtemps... si longtemps que je n'avais pas eu le temps de venir parler de mon petit moi préféré... :)

Mais le temps continue sa course insensée et il se fait tard... L'Ange se repose et, dans un instant, je ferai de même !

Ayez un bel été. Si vous êtes en congé, profitez-en de toutes vos forces et ne laissez pas passer la moindre petite seconde de plaisir !

À bientôt mes amis !

Votre Mellia.



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