Les serments de papier

 

Lorsque naissent les désirs nus,
Pressés, désordonnés, intenses,
Troubles comme des brumes denses,
Dans la salle des pas perdus...

La nuit, le jour alors complices,
S'éclipsent.

Même le battement
Du balancier du temps,
Prend sa pause, s'étire,
Soupire...

Regard contre regard
Chaque geste s'égare.
Les mots s'élancent et meurent,
Fugueurs.

Les astres closent leurs paupières
Quand s'écoule une sève altière
Lave désordonnée aux longs jets impatients,
Insolents.

Puis l'aube chasse le chaos,
Et s'égaille le long sanglot
De cet amour que nul ne sait,
Vêtu d'un manteau désuet
Tissé de monts et de merveilles
Aus tons pastels, sans pareils.

L'horizon s'est illuminé
Sa fragrance est éternité.

L'univers entier s'est ému...
Dans la salle des pas perdus,
Résonne l'écho de papier
De tous ces serments oubliés.


 

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