Retraite et arrêt maladie : suis-je éligible ?

Chaque année, près de 600 000 Français se retrouvent en arrêt maladie longue durée. Ce chiffre, loin d’être anodin, soulève une question inattendue : qu’advient-il des droits à la retraite quand le travail s’arrête, parfois pour des mois ? Les réponses bousculent souvent les idées reçues et révèlent la complexité du système.

Un arrêt maladie longue durée ne bloque pas forcément la validation des trimestres pour la retraite. Certaines périodes d’incapacité continuent à générer des droits, mais la nature de l’arrêt et le régime d’affiliation de l’assuré font varier la règle du jeu.

En cas de maladie professionnelle ou d’accident du travail, il est possible de valider des trimestres même sans cotiser. Pour un arrêt maladie « classique », la mécanique est plus restrictive : l’accumulation de droits peut ralentir, parfois diminuer le niveau de pension. Difficile de s’y retrouver, d’autant que chaque régime applique ses propres règles et que les conséquences sur la retraite s’enchevêtrent.

Comprendre le lien entre arrêt maladie et droits à la retraite

Aborder le rapport entre arrêt maladie et retraite exige de dépasser les apparences. En France, un arrêt maladie donne droit à des indemnités journalières de la sécurité sociale dès que les critères d’indemnisation sont remplis. Ces périodes, souvent perçues comme sans incidence, ont pourtant un impact réel sur la pension de retraite.

La réforme des retraites de 2023 n’a pas touché à ce fonctionnement : chaque fois que l’assurance maladie verse des indemnités, l’assuré engrange des trimestres assimilés (un par tranche de 60 jours indemnisés, dans la limite de quatre par an). Ce schéma s’applique à la retraite de base, sans distinction de régime. Toutefois, ces périodes, si elles permettent de valider des trimestres, ne sont pas prises en compte dans le calcul du salaire annuel moyen qui détermine le montant de la pension. C’est là toute la différence entre trimestre cotisé et trimestre assimilé.

En clair, un arrêt maladie influe sur le montant futur de la retraite : puisque les indemnités journalières ne comptent pas comme du salaire, elles laissent un « vide » dans la base de calcul. Pour la retraite complémentaire Agirc-Arrco, dès qu’un arrêt dépasse 60 jours consécutifs, des points de solidarité sont attribués, sans exiger de cotisations. Ces points sont indexés sur les droits acquis l’année précédente, ce qui protège en partie le parcours des salariés fragilisés.

Arrêts courts, prolongés ou maladie professionnelle : quelles différences pour votre future pension ?

La durée et la cause de l’arrêt de travail redessinent la trajectoire des droits à la retraite. Un arrêt maladie classique, limité dans le temps, permet de valider des trimestres assimilés (un tous les 60 jours indemnisés, maximum quatre par an). Sur le papier, la validation suit son cours, mais puisque le salaire annuel moyen exclut les indemnités journalières, le montant de la pension peut diminuer.

Quand l’absence se prolonge, notamment en affection de longue durée (ALD), la logique change. La levée de la limite des trois ans d’indemnisation en ALD autorise la validation continue de trimestres et de points tant que les indemnités sont versées. Un filet de sécurité, vital pour ceux qui affrontent une maladie chronique ou invalidante.

La reconnaissance d’une maladie professionnelle ou d’un accident du travail ouvre d’autres droits. Les indemnités, plus élevées, permettent de viser un départ anticipé à la retraite. En cas d’incapacité permanente reconnue (taux d’IPP validé par la CPAM), il devient possible de partir avant l’âge légal, sous réserve de certains critères. La pension d’invalidité génère aussi des points de solidarité pour la retraite complémentaire, calculés sur les droits de l’année précédente.

Voici les grandes différences selon la situation :

  • Arrêt maladie court : la validation reste plafonnée à 4 trimestres par an.
  • ALD : la validation des droits retraite se prolonge tant que dure l’indemnisation.
  • Maladie professionnelle ou accident du travail : indemnisation renforcée, accès possible au départ anticipé.

Quels sont les impacts concrets sur le calcul des trimestres et des points retraite ?

L’arrêt maladie n’est pas neutre dans le calcul des droits à la retraite. Le principe reste le même : chaque période de 60 jours d’indemnités journalières issues de la sécurité sociale permet de valider un trimestre assimilé, dans la limite de quatre par an. Ce système protège le relevé de carrière, mais il a ses limites : valider des trimestres n’augmente pas pour autant le montant de la pension.

Distinguer trimestre cotisé et trimestre assimilé est déterminant. Les trimestres cotisés, issus d’une activité professionnelle, sont comptabilisés dans le salaire annuel moyen qui sert de base à la retraite de base. Les arrêts maladie, eux, n’y figurent pas : seuls les salaires réellement perçus sont retenus. Résultat, un arrêt long peut peser à la baisse au moment de liquider sa retraite.

Côté complémentaire (Agirc-Arrco), la logique diffère. Après 60 jours consécutifs d’arrêt, des points de solidarité gratuits sont octroyés selon les droits de l’année passée. Cela préserve la progression de la retraite complémentaire. Mais pour ceux qui envisagent un départ anticipé pour carrière longue, seuls quatre trimestres assimilés pour arrêt maladie sont pris en compte.

Pour résumer les impacts pratiques :

  • Trimestres assimilés : validés lors d’un arrêt maladie, dans la limite de 4 par an.
  • Salaire annuel moyen : calculé sans tenir compte des indemnités journalières.
  • Points Agirc-Arrco : attribués lors d’arrêts maladie prolongés, sur la base de l’année précédente.

Homme âgé consulte un pharmacien au comptoir de la pharmacie

Conseils pour sécuriser vos droits et anticiper votre départ à la retraite après un arrêt maladie

Un arrêt maladie en fin de carrière peut rebattre les cartes. Chaque trimestre validé compte : vérifiez que les périodes d’indemnités journalières figurent bien en trimestres assimilés (plafond de quatre par an) sur votre relevé de carrière. Cette vérification est d’autant plus nécessaire si votre arrêt a traversé plusieurs années civiles ou s’il relève d’une affection de longue durée.

La fin de contrat mérite une attention particulière. Un licenciement pour inaptitude, lié à une maladie reconnue, fait basculer le dossier vers l’indemnisation chômage. Les droits retraite peuvent continuer à s’accumuler sous certaines conditions, mais le mode de calcul de la pension de retraite peut s’en trouver modifié. Rester salarié jusqu’à l’âge légal de départ demeure la meilleure option quand cela est possible : le contrat, même suspendu, garantit une meilleure assise pour le calcul de la pension.

Avant toute rupture de contrat ou reprise d’activité, prenez le temps d’échanger avec votre employeur. L’accompagnement par la caisse d’assurance retraite ou un conseiller spécialisé s’avère précieux pour anticiper les points de friction : trimestres manquants, perte de droits, pension réduite, etc.

Voici quelques réflexes à adopter pour éviter les mauvaises surprises :

  • Contrôlez systématiquement votre relevé de carrière après chaque arrêt.
  • Si possible, conservez le statut de salarié jusqu’au départ à la retraite.
  • Sollicitez l’avis d’un spécialiste de la retraite si un doute subsiste.

Un arrêt maladie n’efface pas une carrière, mais il impose vigilance et anticipation. Quand le temps du repos forcé s’achève, mieux vaut avoir tous ses trimestres bien rangés et ses droits parfaitement alignés pour franchir la ligne d’arrivée sans regret.

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